Un week end placé sous le sigle du culturel pour découvrir en moins de deux jours, deux spectacles d’artistes romands. Rendez-vous est fixé à Sion le vendredi soir pour la première du spectacle de Noël Antonini « Vivre est incurable, c’est mourir qui pique un peu » avec Michèle Guigon pour la mise en scène. Et pour parler d’elle, il est vrai que la mise en scène de ce spectacle déguisé en thérapie est réellement réussie. A l’image des toutes première minutes durant lesquelles Noël convie les spectateurs à visionner tous ensemble ses souvenirs d’enfance tournés en super 8. Manque de pot, cela ne se passe pas comme prévu et le spectacle continue avec de nouvelles surprises. Mais il n’y a pas que la mise en scène qu’il faut relever, il y a surtout la trame, l’histoire choisie par Noël Antonini pour revenir sur son enfance marquée par l’absence de son père. On découvre ainsi que son père est mort dans un accident d’avion que son père pilotait, avec d’autres personnes à bord. Et ce qui pourrait ressembler à un récit se transforme tantôt en souvenirs émouvants, en instants amusants mais surtout en un dialogue imaginaire entre le fils et son père. Il y a aussi de l’humour dans ces moments partagés avec le public. Nous sommes très loin de l’humour du trio des « Peutch » dans lequel officie Noël.
Pour l’humour franchement annoncé c’est le soir suivant que je me rends à Fribourg pour le nouveau spectacle de Frédéric Recrosio. Avec un titre comme « Je suis vieux (pas beaucoup mais déjà) » le ton est donné. On quitte (pas tout le temps) le registre du sexe et des relations chers à Frédéric Recrosio. Même si il est attachant, touchant quelques fois, le thème reste celui de l’âge et de la vieillesse. Et pour aborder le sujet il arbore son language cru et direct. Beaucoup de passages sont d’ailleurs dérangeants tant ils nous renvoient souvent à notre propre réalité. On sent d’ailleurs un certain malaise dans le public, à peine perceptible mais bien présent. La mise en scène quand à elle n’est pas particulière, on regrette presque ce choix de voir Recrosio derrière sa table, son pupitre et ses carnets pour tenir une sorte de monologue dédié au public mais aussi à lui-même. (l’âge peut être l’oblige à rester assis ?) Quelques interactions avec le public et ces instants durant lesquels il se lève pour certains passages changent un peu l’ambiance. Un éclairage simple et des jingles musicaux à consonance « rock » viennent également rythmer la soirée, presque un peu « too much ». On rit, on apprend et on se rappelle tout ce qui nous ramène à la vérité de l’âge. Fred est très fort pour nous mettre tout cela face à nous, le nez dedans. C’est comme une prise de conscience pour lui, lui qui abordait avec indélicatesse ou moquerie aussi le thème de l’amour, des relations ou du sexe aussi.
Deux spectacles, deux artistes que j’ai eu plaisir à voir l’un après l’autre pour qu’en moins de deux jours je me balade entre sourires et souvenirs, mort, amour, de père à papa et de vieillesse aussi.

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