Vingt-cinq ans pour un festival d’humour c’est un bel âge. Un âge dépassé depuis longtemps par les humoristes romands présents ce lundi 10 juin 2013 au théâtre de Beausobre à Morges. A l’affiche de cette soirée de gala: Frédéric Recrosio, Jean-Luc Barbezat, Marc Donnet-Monay, Laurent Flutsch, les Peutch, Thierry Romanens, Brigitte Rosset, Karim Slama pour un spectacle inédit imaginé par Frédéric Recrosio et Jean-Luc Barbezat

J’ai eu la chance d’être invité à assister à cette soirée anniversaire qui débutait à 21h30. Et à mon arrivée j’ai pu réaliser que je n’étais pas le seul. Pas pour aller voir le spectacle, mais pour attendre dans la file incroyablement longue des invités. Tout de suite je peux remarquer de quel public il s’agit. Je m’inquiète de son âge avancé et mets donc de côté mes préjugés sur le nombre d’entrées non payantes qui comme moi viennent voir ce spectacle. Amusant de recevoir, une fois entré dans la salle, des éventails aux couleurs d’une assurance. Il est vrai que quelques dizaines de minutes plus tard je réalise à quel point il fait chaud dans cette salle du théâtre de Beausobre. Tout le monde est en place et le spectacle peut débuter. Et l’introduction choisie par nos onze humoristes romands est des plus sympa avec une troupe de têtes connues, face au public en se tenant la main. Il manquait presque encore deux ou trois personnes comme Marie Thérèse Porchet, Lambiel ou même Cuche que le tableau aurait été des plus détonant. Je ne me plains pas et me laisse surprendre par la mise en scène imaginée par Jean-Luc Barbezat. Il y tiendra un rôle amusant et superbement joué que celui de l’idiot. Presque comme un fil conducteur, presque, parce qu’en effet j’ai eu de la peine à trouver le lien entre tout cela. Certes il y a l’anniversaire de Beausobre, mais cela ne suffit pas à corriger les lacunes laissées par deux uniques répétitions du spectacle.

Alors oui les rires fusent et l’ambiance, «la sauce» semble prendre comme quand Laurent Flutsch assure dans son rôle de maitre de séant qui lui sied si bien. Exercice pas très difficile pour lui avec le public de ce soir, un public en rapport avec les plus âgés de la troupe.  Il y a aussi ces surprises réellement étonnantes et bien trouvées comme Marc Donnet-Monay qui chante (toujours pas en rythme), mais qui assure tout de même avec son trio guitare-texte-humour. Ou celle de Karim Slama qui revisite Recrosio par le biais d’un de ses sketches à la fin duquel Frédéric reprend son du. Et pis il y les Peutch que je découvre dans un registre plus marqué et plus affirmé en matière de textes/propos plus «trash» sans pour autant trouver cela déplacé ou malvenu. Ça passe tous comptes faits très très bien et le public est très réceptif sur les propos du trio, question d’âge là aussi ? Et il y a cet instant le plus frustrant et le plus surprenant de la soirée. Non pas celui de cette guitare que l’on explose sur scène, je parle de ce flottement qui survient lors de l’arrivée sur scène des Peutch. Pas un mot, pas une réplique pour que les trois petits vieux s’installent en rang sur scène avant qu’un morceau de Baauer joué à plein tube nous rappelle instantanément la déferlante des «Harlem Shake» et là c’est énorme, drôle et tout trouvé. Suis super énervé du coup en réalisant que depuis le début du spectacle aucune captation vidéo n’est organisée pour garder trace de ce show. Je sais que je me répète quand je parle de cela, mais c’est frustrant, incroyable de voir le nombre d’event, de spectacles ou conférences qui ne laisseront jamais de traces en images, ne serait-ce qu’à titre d’archives. C’est d’ailleurs pour cela que ma société breew soutient plusieurs organisations et groupements professionnels/expos pour en assurer la mise en boîte en vidéo. Mais je m’égare…

La soirée se déroule pas trop mal même si à plusieurs reprises et avec l’oeil du professionnel* je remarque les couacs, les petits bugs et autres textes oubliés, l’ambiance bat son plein. Quelques retenues tout de même sur le gag récurrent de Frédéric et Jean-Luc et leur histoire de «Pince-moi» qui n’emballe pas toujours. Un peu sur ma faim aussi de ne voir qu’un seul passage de Marc Donnet-Monay, ses interventions trop rares expliqueraient un manque de temps de préparation de sa part ? Un moment de la soirée petit malaise avec un sketch qui, pour le spectateur lambda ne laisse pas apparaitre forcément un quelconque lien avec la réalité, mais qui pour une personne avertie laisse sous-entendre que le principe même de ce sketch reflète une certaine vérité. C’est la fête à Karim Slama qui s’en prend plein la tronche avec une brochette d’artiste romands qui le passe à tabac avec toutes les critiques qu’ils ont à formuler contre lui. Malaise…

Une artiste que je découvre sur scène: Brigitte Rosset et malgré ses efforts et son jeu je n’accroche pas et tente de me réjouir de la voir jouer ou interagir avec les autres pour passer à autre chose. Le spectacle dure et sa fin, son final capote dans une tentative de non-rire qui se retourne contre les comédiens. L’exercice consiste à balancer au public des gags nuls auxquels il ne faut surtout pas rire. Les gags sont réellement nuls, le public rit un peu avant d’obéir à la lettre à ce que demandent Thierry et Karim. Et avec l’arrivée du reste de la troupe sur les côtés, équipés de pistolets à eau le principe du gag ne prend pas ou presque pas. L’eau jetée par les humoristes va presque à réjouir les spectateurs tellement il fait chaud dans cette salle. On termine sur Jean-Luc Barbezat qui se fout un seau d’eau sur lui, jouant encore une fois très bien son personnage d’idiot. Applaudissements pour clore cette soirée anniversaire que déjà des dizaines de personnes sortent de salle durant les remerciements. Un peu glauque.

Le public d’ailleurs quitte très vite les lieux. Le froid et la pluie dehors rendent les lieux encore plus tristes pour empêcher toute personne à rester un peu, boire des coups ou causer simplement. C’est lundi soir aussi. Les artistes eux-mêmes se rentrent très vite et impossible pour moi d’avoir une véritable discussion avec eux à part avec quelques spectateurs restés à la buvette qui va fermer.

Bon anniversaire Beausobre !

 

*comme on a plusieurs vies dans une vie, j’ai eu l’occasion de collaborer dans une agence de spectacle fondée par Pierre Genoud, agence qui a d’ailleurs connu les tout débuts de Marc Donnet-Monay ou Yann Lambiel. Durant cette période j’ai très souvent côtoyé des artistes comme Thierry Romanens (ex Bretelle 007) Cuche et Barbezat ou des chanteurs comme les Glen of Guinness

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