Nabu Casa a annoncé le 2 octobre 2026 le renommage de son service payant. Home Assistant Cloud s’appellera désormais Home Assistant Link, et le changement devient effectif avec la version 2026.12, attendue le 2 décembre.

L’annonce vient de Carl Albertsson, vice-président commercial de Nabu Casa, dans un billet de blog au titre sans détour : « Big Tech ruined the cloud, so we’re renaming ours ». La raison tient en une phrase. Le mot cloud a été tellement abîmé par les abonnements qui grimpent, les pannes et la collecte de données que Nabu Casa ne veut plus y être associé. Le logo perd d’ailleurs son nuage au passage.

Il y a un problème plus concret derrière cette décision. Beaucoup de nouveaux utilisateurs lisaient « Home Assistant Cloud » et comprenaient qu’on pouvait faire tourner sa domotique sur des serveurs distants. C’est faux, et ça n’a jamais été le cas. Home Assistant s’installe chez vous, sur un Raspberry Pi, un mini-PC ou un NAS, et il continue de fonctionner sans internet. Le nom entretenait une confusion que l’équipe passait son temps à corriger, jusque sur scène : Paulus Schoutsen, fondateur du projet, devait expliquer à chaque conférence pourquoi son cloud n’était pas un cloud.

Ce que fait vraiment Link

Le nouveau nom décrit mieux le service. Link fait le lien entre votre installation locale et des serveurs qui remplissent trois rôles. L’accès distant d’abord : piloter son logement depuis l’extérieur sans passer un week-end sur un tunnel ou un VPN. Les sauvegardes ensuite : une copie stockée à distance, précieuse quand on héberge tout soi-même. Puis l’intégration avec Alexa ou Google Home, qui reste pénible à monter à la main. S’y ajoutent la reconnaissance vocale en ligne, plus rapide et mieux outillée que les modèles auto-hébergés, et un support avec de vrais humains au bout.

Sur le fond, rien ne bouge. Ni les fonctions, ni le prix : 7,5 euros par mois ou 75 euros par an, avec un mois d’essai. Les données restent chiffrées avec une clé que Nabu Casa ne détient pas. Le service reste optionnel : si vous résiliez, votre domotique continue de tourner. Et la majorité des bénéfices part au financement de l’Open Home Foundation, qui paie les développeurs du projet.

Ce que ça dit du mot cloud

Ce renommage n’est pas un détail de communication. Il acte qu’un terme technique, neutre au départ, est devenu un repoussoir. Cloud voulait dire « quelqu’un d’autre gère les serveurs à votre place ». Aujourd’hui, il veut surtout dire « vous dépendez d’un fournisseur qui peut augmenter ses prix, fermer son service ou revendre vos données ».

Nabu Casa paie le prix de cette dérive. Son service est l’un des rares à ne cocher aucune de ces cases, et il doit quand même changer de nom pour que ce soit clair. Je trouve la manœuvre honnête, et un peu ironique. Pendant vingt ans, l’industrie a vendu le cloud comme une évidence. Voilà que ceux qui l’ont bien fait doivent s’en excuser. Ça devrait inquiéter les fournisseurs qui, eux, gardent le mot au-dessus de leur nom.

Reste la question pratique. Link n’est pas nécessaire, et Nabu Casa le répète depuis 2018. J’utilise Home Assistant chez moi sans abonnement, et l’essentiel fonctionne. L’abonnement achète du confort, pas un accès. C’est l’inverse de ce que l’industrie vend d’ordinaire sous ce nom.

Ceux qui veulent réagir au nouveau nom ont jusqu’à décembre. L’équipe lit les retours de la communauté avant de figer la 2026.12.

Sources : Nabu Casa, « Big Tech ruined the cloud, so we’re renaming ours », 2 octobre 2026 ; iGeneration, 2 octobre 2026.