C’est un geste qui a fait l’effet d’une bombe dans le monde de la tech. Infomaniak, le géant suisse du cloud et de l’hébergement web, vient de prendre une décision radicale. L’entreprise a transféré le contrôle de ses droits de vote à une fondation d’utilité publique. Pourquoi ce choix ? Et surtout, qu’est-ce que ça change concrètement pour vous et pour l’avenir du numérique ? C’est le point de vue de Thierry Weber.

Voilà une annonce qui mérite qu’on s’y attarde. Infomaniak, cette entreprise genevoise fondée en 1994 dans un cabanon de jardin près du Cern, a fait un choix qui va à contre-courant de tout ce qu’on voit dans l’industrie technologique. La majorité des droits de vote a été transférée à une fondation à but non lucratif. Concrètement, ça signifie qu’Infomaniak ne pourra jamais être racheté par un géant américain ou chinois. Jamais. C’est une protection absolue contre ce qu’on appelle le Cloud Act américain, cette loi qui permet aux autorités US d’accéder aux données stockées par leurs entreprises, où qu’elles soient dans le monde. Mais ce n’est pas tout. Ce modèle protège aussi contre ce que Cory Doctorow appelle la « merdification ». Vous avez déjà vu une plateforme géniale devenir insupportable ? Ça arrive quand les actionnaires exigent toujours plus de profits. On réduit la qualité, on augmente les prix, on monétise vos données. Infomaniak verrouille tout ça dans sa charte : prix équitables, standards ouverts, pas de monétisation cachée. Et surtout, pas d’entraînement non sollicité de modèles d’IA sur vos données. Parlons chiffres. En 2025, Infomaniak a réalisé 56 millions de francs suisses de chiffre d’affaires avec 340 collaborateurs. Et surtout, ils n’ont jamais eu recours à des investisseurs externes. Jamais. Boris Siegenthaler, le fondateur, et ses 36 employés actionnaires ont approuvé ce transfert à l’unanimité. Ils ont accepté de réduire leurs propres droits de vote. C’est un sacrifice personnel pour garantir l’indépendance de l’entreprise sur le long terme. La fondation, elle, sera financée par jusqu’à 5% du bénéfice annuel d’Infomaniak. Plus l’entreprise grandit, plus la fondation peut soutenir des projets dans la souveraineté numérique, la formation, la biodiversité et la transition énergétique. Et attention : la fondation ne s’immisce pas dans les opérations quotidiennes. Elle a un droit de blocage sur les décisions stratégiques majeures, comme une vente ou un changement de modèle économique. Ce qui est fascinant, c’est que ce modèle est exactement l’inverse de ce que font les géants de la Silicon Valley. Eux, ils lèvent des fonds, ils font du scale à tout prix, puis ils rentrent en bourse ou se font racheter. Résultat : les données des utilisateurs deviennent une marchandise. Infomaniak dit non à ça. Et c’est un message puissant pour toutes les PME et les administrations qui veulent garder le contrôle de leurs données. Je trouve ça particulièrement intéressant dans le contexte actuel. On parle tout le temps de souveraineté numérique, de protection des données, d’éthique dans l’IA. Mais peu d’entreprises passent vraiment à l’acte. Infomaniak, elle, a créé une structure juridique irréversible. La fondation détient désormais la majorité des droits de vote sous forme d’actions spéciales qui ne pourront jamais être cédées. C’est du solide. Alors est-ce que ça va inspirer d’autres entreprises ? Je l’espère. Parce qu’on a besoin de modèles alternatifs à la logique financière pure. Un modèle où on peut planifier sur 20 ou 30 ans sans pression trimestrielle. Où on peut investir dans la recherche suisse, dans l’emploi local, dans le solaire pour alimenter ses data centers. C’est ça, la vision à long terme.

Infomaniak prouve qu’on peut faire du business autrement. Pas de levée de fonds, pas de rachat, pas de compromis sur les données. Juste une fondation, une charte et une vision à long terme. Un modèle qui mérite d’être suivi, non ? Moi, en tout cas, je trouve ça inspirant. Si vous voulez creuser le sujet, je vous mets les liens en description. Et vous, vous feriez confiance à une entreprise qui se protège comme ça ? Dites-moi tout en commentaire. À très bientôt si c’est pas avant !

Source : https://www.watson.ch/fr/suisse/economie/633700314-infomaniak-fait-une-annonce-fracassante-avec-sa-fondation

La souveraineté numérique n’est pas un vain mot pour Infomaniak