Ma chronique Mon Carnet : la Suisse face à la réglementation de l’IA

Cette semaine dans Mon Carnet, le podcast de Bruno Guglielminetti, j’ai abordé un sujet qui me tient particulièrement à cœur : la position de la Suisse dans le grand débat mondial sur la réglementation de l’intelligence artificielle.

Alors que l’Union européenne finalise son AI Act avec des exigences strictes de transparence, de documentation et d’évaluation des risques, et que les États-Unis misent davantage sur l’autorégulation du secteur, la Suisse se trouve à un carrefour stratégique. Fidèle à sa tradition, elle avance prudemment, mais le temps presse.

Ce que j’observe, c’est que la Confédération helvétique cherche une troisième voie : ni le carcan réglementaire européen, ni le laissez-faire américain. Une approche par principes plutôt que par règles, centrée sur les droits fondamentaux et la protection des citoyens, tout en préservant la compétitivité du pôle d’innovation suisse — les EPF, l’Idiap, le Swiss AI Initiative.

Mais cette voie médiane comporte un risque : celui d’arriver trop tard. Les entreprises suisses qui développent ou déploient des systèmes d’IA ont besoin de clarté juridique maintenant, pas dans deux ans. Sans cadre clair, l’incertitude freine l’investissement et l’adoption — surtout dans les secteurs régulés comme la santé, la finance ou l’administration publique.

J’ai également évoqué un point crucial : la souveraineté numérique. Dans un monde où les grands modèles d’IA sont majoritairement développés par des géants américains et chinois, la question n’est pas seulement « comment réguler », mais aussi « comment garantir notre autonomie technologique ». C’est un enjeu qui va bien au-delà de la technique — c’est une question de démocratie.

https://soundcloud.com/guglielminetti/mon-carnet-du-7-aout-2026

🎧 Retrouvez l’épisode complet de Mon Carnet du 7 août 2026 sur moncarnet.com — ma chronique commence à 1h09’18 ».

Mon Carnet est une production de Guglielminetti.com, animée par Bruno Guglielminetti avec Jérôme Colombain, Catherine Dupont-Gagnon, Stéphane Ricoul, Jean-François Poulin et votre serviteur.