C’est lundi 3 février 2020 vers les 18 heures qu’apparaissent les premières images en direct de cette nouvelle plateforme qu’est “LeLIVE”. Aux commandes de ce nouveau projet, le groupe Webedia société éditrice de puremedias.com avec pour sa direction Thierry Boyer.

Comme chaque lundi soir, comme un rendez-vous habituel c’est le temps d’un “EDS” (ou En Direct de Suisse pour les initiés) que j’anime avec plaisir depuis maintenant plusieurs années. Je me devais donc de saluer, mais aussi d’amener sur le débat le lancement de ce nouveau média qui démarre pile le même jour que mon rendez-vous hebdo. Coïncidence ? Probablement oui au vu du fait que je n’ai pas le no de téléphone perso de Cyprien ou l’email de notre ami Kevin Razy (même si pour ce dernier, il s’était prêté au jeu de mes questions lors d’une interview à Lausanne). Kevin Razy en maitre de cérémonie et avec la lourde de tâche d’être dans les premiers à animer les premières heures/minutes de ce démarrage attendu. Mais à y regarder de près, “LeLIVE” m’a laissé un goût de “Je ne sais quoi” même si on me l’a rappelé à juste titre lundi soir: je ne suis pas dans la cible du public visé. Merci Bruno pour la piqûre de rappel !

Loin de moins l’idée de descendre en flèche cette belle initiative, mais plusieurs questions me sont venues en tête, ces mêmes questions que j’ai partagées avec mon audience lors de mon live. Plusieurs constats aussi (OK je sais c’est leur premier jour) que je suis obligé de souligner ici. Tout ceci méchamment motivé par le fait que le groupe qui lance ce média est sacrément bien équipé en matière de moyens (et je parle bien sûr aussi d’argent!) 

Commençons par quelques aspects techniques très dérangeants à mon goût. Sachant que ce projet n’a pas vu le jour quelques heures avant cette première diffusion, j’imagine, sans difficulté que tout ceci a été étudié, imaginé et mis en place durant plusieurs semaines voir plusieurs mois. Prenons tout d’abord le site internet du média. Quelle tristesse de voir qu’il a été fait à l’arrache ou que son contenu et sa structure sont loin d’être terminés ! Alors oui je sais que “LeLIVE” sera principalement consulté via son app mobile (mais nous y reviendrons), mais dès lors, pourquoi faire un site pour y laisser du “Lorem Ipsum” pour simplement “remplir” quelques-unes de ses rubriques, son référencement voir mêmes quelques balises (OK on va loin de ce constat, mais il a son importance). Un site Web qui est bien loin d’être complet et assez fourni pour renseigner au mieux l’internaute qui fait connaissance avec “LeLIVE

Triste constat également pour l’application mobile, qui, certes fonctionne, mais qui est bien loin de ce qui se fait déjà en matière d’app dédiée aux contenus en live. De plus, on nous “vend” de l’interaction, mais dès les premières minutes/heures on constate très rapidement que ce ne sera pas le fort de la chaîne ou la préoccupation première des animateurs. Moi qui me fait fort de faire attention à ce plus important dans chacune de mes “EDS” je constate qu’ici ce n’est pas super important pour ceux qui sont aux commandes, plus occupés à “remplir” le temps d’antenne pour passer le relais au suivant que de jouer la carte interactive avec les quelques internautes qui tentent l’appel du pied dans la chat room, dommage. La force du live, celui que je connais en tous cas, c’est justement cette richesse d’échanges qu’il m’apporte à chaque fois. La possibilité de se créer une communauté avec laquelle tu peux tisser des liens, des échanges, mais surtout sur qui à la longue tu peux même compter. Quand on me pose la question de savoir qu’elle est mon audience (entendez par là: t’as combien de personnes en ligne dans tes live ?) je réponds très souvent avec la même réponse: “Un mauvais jour pour un live c’est entre 200 et 400 personnes et un bon live ça peut monter entre 3000 et 5000 personnes”, mais depuis j’arrête de me focaliser sur mes chiffres au vu du nombre d’années que j’anime mes directs, cela passe réellement au second plan. Le live pour moi à débuté avec une prestation que je proposais (à prix d’or à l’époque) à mes clients. Les moyens techniques étaient conséquents au regard de la facilité que nous avons maintenant à aborder ce moyen de communication. Tout peut quasiment tenir dans un mobile là ou à l’époque il fallait table de mixage vidéo, caméras et cameramen sans compter “tout le reste autour”. Le choix de la plateforme n’était pas non plus anodin avec des coûts importants pour l’époque. La chance qu’amène le live de “remodeler” le déroulement de la diffusion est véritablement forte. Tu pars avec un thème et ton audience qui intéragit, se l’approprie pour donner au final, un résultat totalement différent que celui d’une émission TV. LeLIVE ressemblait lundi soir à une suite d’émissions TV les unes derrière les autres. Même de la radio filmée (en un seul plan fixe ?) était au programme de cette nouvelle grille de contenus. Encore une fois, ne nous méprenons pas, nous ne sommes clairement pas dans la cible, mais cela n’explique pas les choix de cette chaine de produire ainsi.

Autres gros soucis techniques: le son. Si après toutes ces années on a tous appris à faire des vidéos pour le Web, tous se plaisent à dire (moi y compris) que le son est même plus important que l’image. Et surtout pour du live que tu peux suivre l’oeil distrait mais l’oreille attentive. Quel dommage de voir que ce point d’amélioration était très (trop) souvent présent durant ces premières heures de diffusion. Et même si Kevin Razy lance des “c’est du live, c’est normal” cela ne répond pas à nos questions légitimes telles que “mais y a-t-il quelqu’un qui a réalisé qu’un des animateurs parle dans un micro qui est fermé ?” Encore dommage sachant encore une fois que ce setup et ces choix techniques ne datent pas d’hier.

Dernier constat appuyé par les échanges avec ma communauté durant mon propre live, celui de se poser la question si un très bon YouTubeur fait forcément un très bon “streamer” ou plutôt, un bon animateur de live ? Avec certaines personnalités, déjà aguerries à l’exercice de l’animation ou de la chronique TV on peut se dire que cela va aller, mais qu’en est-il de ces têtes d’affiche de YouTube qui assurent réellement avec des contenus bien léchés, montés de façon dynamique, coupés à la hache (un style qui est devenu une référence en matière d’édition de vidéos pour le Web) et donc forcément percutant ? Pas sûr pour ces derniers qu’ils tiendront la rampe à la longue, c’est d’ailleurs le premier reproche qu’il leur est fait quand on parle sur la toile du Bad buzz de cette première diffusion.

LeLIVE propose des contenus qui seront disponibles sur plusieurs plateformes telles que Youtube, Twitch, Mixer et Facebook. Sur ce point je suis ravi de voir que ce je préconise depuis des années est appliqué par ce nouveau média qui diffuse et partage sur un max de plateformes l’entier de ses contenus. De quoi s’adresser à son public sur chaque app ou plateforme selon ses goûts.

Et déjà on me pose la question de l’avenir de cette aventure, de la longévité de ce projet et j’ai déjà ma petite idée, mais je ne vais pas la dévoiler ici, préférant en débattre avec mon audience sur le Slack dédié à mes live 😉 Laissons maintenant le temps à l’équipe du LeLive de faire ses preuves et appliquer ce qu’annonçait Thierry Boyer dans les lignes de pure médias: “On n’attendra pas des mois pour rectifier le tir et améliorer certaines choses.”

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